T’es beau mon fils !

on 17 avril 2015 Blog with 0 comments

Cela fait aujourd’hui deux ans et demi que j’ai crée (avec deux associés) et que je m’occupe au jour le jour d’un espace de coworking. Étant papa de deux enfants de 4 et 6 ans, il m’est apparu au cours de ces deux années que créer et gérer un espace de coworking s’apparente en beaucoup de points à avoir des enfants et à les élever. Le plus frappant est que le parallèle est valable aussi bien pour l’espace en lui-même que pour les coworkers qui y travaillent.

“Allez, on se lance !”

En effet, décider de créer une entreprise, en l’occurrence un espace de coworking, c’est un peu le même processus que de décider d’avoir des enfants : on en a très envie, mais c’est quand-même ultra flippant ! Donc on y réfléchit beaucoup, on en parle avec des potes, on demande conseil à ses parents, on lit des bouquins, et un jour, on finit par se lancer. Pour Coolworking, la gestation a duré environ 6 mois. Six mois d’une succession de phases d’interrogations, de doute et biensûr de bonheur. Et puis on jour, il est là ! L’espace, l’enfant, enfin vous avez compris…

“Sur un rythme de 10 nouveaux coworkers tous les mois…”

Pour le premier enfant, on se lance dans l’inconnu avec des idées plein la tête, plein de grands principes et autant de projets. Il ne faut généralement pas plus d’une semaine pour se rendre compte votre enfants n’a manifestement pas lu vos plans, et que vous allez devoir assez rapidement les modifier voire les abandonner. Pour une entreprise, c’est un peu pareil. Vos clients potentiels se fichent complètement de vos efforts et n’ont visiblement pas conscience que s’ils ne sont pas beaucoup plus nombreux le mois prochain, vous dormirez encore moins. De toute façon, vous de dormiez déjà plus depuis un moment…

“T’es beau mon fils !”

Pour un parent, son enfant est toujours le plus beau. C’est comme ça. Ce n’est pas objectif, ce n’est souvent tout simplement pas vrai, mais c’est comme ça. Et si quelqu’un a l’outrecuidance¹ de dire que ce n’est pas vrai, ça peut vite devenir moche… Dans un espace de coworking, c’est la même chose. Quand vous avez investi des dizaines de milliers d’euros (si si, des dizaines de milliers d’euros !), toutes vos journées (weekends compris), et – n’ayons pas peur des mots – toutes vos tripes dans la conception d’un espace, je peux vous assurer que la critique est difficile à accepter, aussi constructive soit-elle.

“J’avais dit rouge !!!! ROOOUGGGGE !!!!!”

Quand on a des enfants, on essaie toujours de leur faire plaisir. Il n’y a rien de plus gratifiant qu’un sourire radieux sur le visage de votre enfant. C’est pareil avec les coworkers. On essaie d’être à leur écoute et de répondre du mieux possible à leurs requêtes. Mais autant c’est déjà plutôt compliqué de satisfaire un enfant, autant satisfaire 50 coworkers relève de la gageure. Du coup, pour trouver le consensus, on fait des sondages, on prend en compte l’opinion de chacun et puis à la fin…

“Range ta chambre !”

J’ai toujours été surpris par cette faculté qu’ont les enfants a transformer un endroit propre et rangé en un improbable capharnaüm. Et ce, bien que vous leur ayez demandé maintes et maintes fois de ranger. Vous aurez devinez que dans un espace de coworking, c’est la même chose, mais puissance dix. Après, il ne faut pas non plus tout dramatiser. Il y a aussi des coworkers qui rangent derrière eux 😉

“Mais qu’est-ce qu’on pouvait bien faire avant ?..”

En rédigeant cet article je me suis demandé si je n’allais pas décourager futurs parents, entrepreneurs et coworkers. Il y a une chose importante à savoir au sujet des parents : ils parlent sans arrêt des galères avec leurs enfants ! Mais si vous leur demandez pourquoi ils en ont fait, ils seront intarissables sur toutes ces petites choses, ces moments émouvants, ces petites attentions qui font qu’avoir des enfants vous comble de bonheur. Et bien, et pour la dernière fois, c’est encore la même chose avec un espace de coworking. Et croyez-moi ou non, mais aujourd’hui, je ne m’imagine vraiment pas faire autre chose 😉

¹ Mot qui claque lorsqu’il est employé à bon escient 😉